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16 octobre 2008

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Voici les sites qui parlent de La révolution de 2008 :

Commentaires

Charles F

Trés belle analyse, surtout que c'est peut etre la vérité.
Ce qui est sûr c'est que nous avons notre Napoléon 2008 (Sarko ?).

LNP

Excellente et remarquable analyse ! Qu'est ce que ça fait du bien de voir des propos qui sortent de s sentiers battus et qui prennent de la hauteur avec les événements....
Et c'est vrai, dire qu'il y a une révolution (dans le sens où cette crise renfoce les démocraties) et qu'elle n'est pas faite par les révolutionnaires, il y a quelque chose de plutôt cocace !

marc meneau

Cher Rafik,
Si les évènements que nous vivons sont certainement d’une ampleur et d’une force rare, je suis bien moins optimiste que toi sur ses conséquences et en aucun cas, il ne me semble que l’on puisse parler de « révolution » ; puisque tu compares la crise actuelle à la Révolution française, cela me paraît un bon point de départ pour démontrer que malheureusement, cette crise ne devrait que très peu bouleverser l’ordre des choses :

« Le peuple n’a pas assez faim »
Un des terreaux de la Révolution était l’extrême précarité et désespoir de la majeure partie de la population de l’époque. Bien heureusement, nous sommes très loin d’avoir une situation comparable aujourd’hui.
D’une part, même si l’inflation connait un regain aujourd’hui, elle n’atteint, selon les chiffres de XX « que » 3 % environ à fin septembre sur 12 mois glissants (1,5 % en 2007) et l’envolée de certains biens de consommation (essence, lait, pâtes) n’est absolument pas comparable avec l’inflation connue en 1789 : le pain, l’aliment de base, était passé à 3,5 sous la livre au lieu de 2 (+ 75 % !) et la viande pour ce même poids de 6 à 10 sous (+66 % ! ). Un détail qui peut avoir son importance : l’hiver de 1788-1789 avait été redoutable et avait accru la misère de la population. Je serais cynique en disant que le réchauffement climatique peut avoir de bons côtés de nos jours…
D’autre part, grâce aux minima sociaux mis en place et même si une partie croissante de la population vit dans la précarité (chômeurs, mal-logés…), on est bien loin des 400 000 privilégiés (le clergé et l’aristocratie à part égale) pour 24 000 000 de citoyens sans droit de vote et déconsidérés du pouvoir politique.

« Les têtes ne tombent pas »
Je suis frappé par l’absence quasi-totale de sanctions envers les dirigeants qui ont mené les banques et le système financier mondial à la faillite, que les erreurs soient liées au subprime ou à des fautes de gestion ou de contrôle. La Société Générale perd la bagatelle de 5 Milliards d’€uros dans l’affaire Kerviel (soit à peu de choses près, l’équivalent de la totalité de son Résultat Net dégagé en 2006), et voilà M. Bouton « déchu », après 4 mois, de son poste de PDG pour n’en garder que le « P », Président du Conseil d’Administration. On a connu plus violent !
Que dire des Caisses d’Epargne : M. Milhaud, ancien Président du Directoire, conserve la présidence du conseil de surveillance d’une filiale du groupe, tandis que M. Mérindol, ancien directeur général, devient président du Crédit Foncier de France. On en est réduit à appeler sanctions, le fait que des dirigeants soient débarqués et renoncent à leurs parachutes dorés (cf. Axel Miller, ancien président de Dexia).

« Où est le Mirabeau de 2008? »
Enfin, et c’est sans doute le point le plus dommageable, je ne vois pas d’union nationale ou de volonté politique autour d’un projet commun nouveau, juste et équilibré.
La crise actuelle n’est pas source de refonte de notre système économique et social. Les banquiers continuent à vouloir plumer la poule aux œufs d’or sans l’éventrer, en témoigne la négociation des banques françaises avec le Trésor pour récolter des Milliards supplémentaires sans pour autant accepter la moindre dilution de leur capital.
Nos politiques peuvent peu. Notre Christine Lagarde ressemble à s’y tromper à Necker, le soutien du peuple en moins : « c’est une horloge qui retarde. »
Seul point commun avec la Révolution française, ce constat toujours d’actualité :
« Ce qu’on regarde comme un bienfait est l’aggravation de nos maux. Emprunter sans imposer, c’est livrer une Nation aux usuriers… C’est rejeter sur les générations à venir le poids des iniquités… Peuple crédule, hâtez-vous de l’admirer, car vos enfants le maudiront ».

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